Il semblait plus gros que je m’y attendais.

par Anne Baldo, Windsor (Ontario)

« La première fois que j’ai vu mon fils, ça a été sur le petit écran du téléphone cellulaire de quelqu’un d’autre. Il pesait 2 livres 2 oz. Il avait 25 semaines et 6 jours. C’était la fin août; il ne devait naître qu’en décembre. Je n’avais jamais vu un nouveau-né pareil. Son visage était recouvert de sparadrap blanc qui maintenait un tube inséré dans sa gorge. Il avait le visage luisant, les yeux fermés et la peau si foncée qu’elle semblait violette. Sur certaines photos, il n’avait même pas l’air vivant.

« J’avais eu une grossesse sans histoire et cet écart soudain nous a choqués. Avant la brusque naissance de mon fils, j’ignorais totalement qu’il naît chaque année des millions de bébés prématurés. Maintenant, quand je le regarde, je pense à tous les bébés qui sont entrés et sortis de cette UNSI, à toutes les mamans que j’y ai rencontrées, à leur anxiété et à leurs larmes.

« En raison de sa naissance prématurée, une grande partie de la petite enfance de mon fils a été teintée de tristesse, de crainte, avec la constatation inquiète de la nature fragile de notre corps, de la frontière ténue qui nous sépare du désastre. Mais cela a aussi magnifié la joie, la reconnaissance, le sentiment de paix que je ressens quand il dort dans mes bras et respire sans aide, quand je le vois sourire et courir vers ses grands-parents ou quand il dit « Bonjour mon cœur » en essayant d’écouter le sien avec son stéthoscope-jouet.

« Avant, je cherchais des miracles dans la vie … maintenant je comprends que chaque respiration est un miracle. »

Chaque dollar compte

Pour l’amour de la famille. Pour toujours dans nos cœurs.