À propos de nous

On l’appelait « Schmirler the Curler »

À la mémoire de Sandra

Au cours de ma carrière journalistique, j’ai écrit des articles sur des milliers d’athlètes pendant près de quarante ans et de temps à autre, on me demande quel est le plus grand athlète de tous? Ma réponse est toujours : Sandra Schmirler. Aucun ni aucune athlète ne m’a jamais touché en tant qu’écrivain aussi profondément que Sandra.

Je pense souvent à Sandra en termes de ses exploits athlétiques – classée première lors de chacun des trois championnats du monde auxquels elle a participé et gagnante de la première médaille d’or olympique de curling pour le Canada lorsque ce sport a obtenu son statut officiel en 1998. C’était une gagnante et une joueuse hors pair, mais cela ne suffit pas à la définir.

Tout d’abord, Sandra avait reconnu que même si elle était capitaine et que chaque manche pouvait représenter ses deux derniers lancers de pierre, elle faisait partie d’une équipe qui comprenait trois coéquipières talentueuses – Marcia Gudereit, Joan McCusker et Jan Betker. Et Sandra ne s’est jamais considérée comme quelqu’un d’une importance particulière en dépit de ses exploits légendaires.

Après avoir remporté la médaille d’or, alors qu’elle se trouvait dans la salle à manger des athlètes, le grand héros du hockey Wayne Gretzky s’approcha d’elle pour la féliciter. Elle adorait le hockey et avait peine à croire qu’il la connaisse mais Gretzky était un amateur de curling et avait pleinement conscience de l’ampleur de son exploit.

En juin 2000, elle était en rémission. Je suis allé à Regina pour écrire un article sur sa lutte contre le cancer pour le journal Toronto Sun et je lui ai proposé d’écrire un livre à son sujet. « Pensez-vous que ça intéresserait qui que ce soit? » m’a-t-elle demandé. Cette simple question reflète bien sa modestie.

Deux mois plus tard, Sandra nous a quittés à l’âge de 36 ans et ses funérailles ont été diffusées en direct à la télévision, ce qui pour moi a encore renforcé son statut d’athlète canadienne légendaire. Sa vie si courte m’a profondément attristé, sachant que ce qui avait le plus d’importance pour elle, c’était de se marier et de fonder une famille.

Elle se demandait si elle trouverait un jour son âme sœur, et son rêve s’est réalisé lorsqu’elle a fait la connaissance de Shannon England. C’était un joueur de curling qui respectait et admirait des talents athlétiques, mais qui surtout l’aimait pour elle-même. Ils ont célébré ensemble la naissance de deux filles, Sara et Jenna, qui ont mis le comble à leur bonheur.

J’ai par la suite écrit mon livre sur Sandra avec l’aide de Shannon et de la mère de Sandra, Shirley, qui ont généreusement ouvert leur cœur à quelqu’un qu’ils connaissaient à peine – et je leur en serai éternellement reconnaissant. Ils ont fait preuve d’un tel courage. Cette douleur immense aurait pu leur faire baisser les bras, et pourtant ils m’ont aidé du mieux qu’ils le pouvaient. Les sœurs de Sandra, ses coéquipières, ses amis et d’autres personnes m’ont aussi fourni des renseignements généraux avec, dans de nombreux cas, des larmes dans les yeux.

Sandra avait tenu un journal, que m’ont confié Shannon et Shirley. Il a constitué l’essence de mon livre. J’y ai découvert ce que ressentait Sandra, et notamment combien sa petite Sara bien-aimée lui manquait tandis qu’elle jouait pour le Canada aux Olympiques de 1998. Tandis que son équipe entrait dans l’histoire, Sandra mourait d’envie de rentrer chez elle pour y retrouver sa fille qui n’avait que quelques mois.

Dès la publication de Sandra Schmirler, the Queen of Canada, le livre est immédiatement devenu un succès d’édition qui s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires. Pour mettre cela en perspective, un succès d’édition au Canada représente 5 000 exemplaires. Bien que ceci paraisse un chiffre modeste, des milliers de livres sont publiés chaque année et il est très difficile de déterminer ce qui se vendra ou ne se vendra pas. Radio-Canada a aussi acheté les droits du livre pour en faire un film pour la télévision, mais ce projet ne s’est pas concrétisé. J’espère que cela arrivera un jour.

J’estime que le succès du livre de Sandra est dû à ses talents athlétiques et au fait que le Saskatchewan soutient ses héros. Sandra, qui est née au Saskatchewan, était adorée dans sa province comme dans tout le Canada. Le curling est un sport aussi canadien que le hockey mais auquel jouent des gens ordinaires qui ne le font pas pour s’enrichir. Sandra, que l’on avait surnommée Schmirler The Curler, représentait merveilleusement bien le Canada – une athlète de classe mondiale née dans une toute petite ville qui a adopté pour slogan « New York is big, but this is Biggar ».

Je pense que mon livre a interpellé les gens car il raconte avant tout une histoire d’amour tragique. S’il est vrai que le curling est le fil conducteur qui court tout au long du livre, j’ai tout de même essayé de l’écrire de façon à intéresser même les lecteurs qui ne suivent pas ce sport ou qui n’en connaissent pas la terminologie.

Il s’agissait plutôt de dépeindre l’union de deux personnes faites l’une pour l’autre et de rendre hommage à la naissance de leurs deux enfants.

Sandra a profondément aimé ses filles au cours des quelques années qu’elle a passées avec elle. Je n’ai jamais rencontré Sara ni Jenna et je ne peux qu’imaginer l’enfance qu’elles ont vécue sans leur mère si célèbre, sachant qu’elle les avait tant aimées.

Vingt ans se sont écoulés depuis son décès et je me souviens encore du choc que j’ai ressenti, tant sur le plan personnel que professionnel, le jour où j’ai appris cette triste nouvelle. Je me trouvais dans la salle des nouvelles et on m’a demandé d’écrire une rubrique à ce sujet. Ce n’était pas facile en raison de mes sentiments pour Sandra et je me suis demandé si j’arriverais jamais à écrire mon livre, qui était un projet auquel je tenais énormément. Au cours de ma vie d’auteur, ce livre a eu beaucoup plus d’importance pour moi que tout autre ouvrage pour tant de raisons.

Sandra a écrit une allocution émouvante et inspirante à l’occasion du banquet de clôture du championnat canadien de curling féminin Scotties. On m’a dit qu’il a fait pleurer tous les auditeurs. Vingt ans plus tard, nous rendons hommage au legs de Sandra et à tout ce qu’elle a accompli dans ses rôles de fille, de sœur, d’épouse et de mère, ainsi qu’à ses exploits sportifs.

Je considère Sandra comme un ange qui nous a quittés beaucoup trop tôt, mais qui nous a appris ce qui est plus important que tout – vivre et aimer.

Je suis heureux que la Fondation Sandra Schmirler fasse durer le souvenir de Sandra en aidant à sauver les vies d’innombrables bébés prématurés et gravement malades grâce à des équipements médicaux financés en son nom. Le nombre de gens qui font un don à la Fondation à l’occasion du téléthon annuel et d’autres événements de collecte de fonds est remarquable. Je suis sûr que bon nombre de ces donateurs n’ont jamais eu la chance de voir jouer Sandra et son équipe, mais ils appuient la mission de la Fondation, qui déclare que tous les bébés méritent de grandir et de devenir des champions comme Sandra.

Nous aimons le curling et nous aimons Sandra, et rien ne changera cela. Nous ne pleurerons pas en son souvenir. Nous célébrerons plutôt sa vie et son sourire plein d’entrain. Elle était la reine de bien des cœurs et la reine de nos cœurs.

C’est la raison pour laquelle je la considère non seulement comme la plus grande des athlètes, mais bien au-delà comme une personne de grande valeur.

Perry Lefko
l’auteur de The Queen of Curling

Notre équipe

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Sara and Jenna England

Mentors

Personnel

La Fondation a trois employées à temps partiel, soit Robin Wilson, Directrice du leadership, Brenda Gallagher, Directrice des relations avec les donateurs et Tanya Martin, Coordinatrice de la liaison et des finances. Robin réside à North Vancouver tandis que Brenda et Tanya résident à Ottawa.

Chaque dollar compte

Pour l’amour de la famille. Pour toujours dans nos cœurs.